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La vie après la mort

Je ne parle pas la vie après notre mort, de ce qui peut se passer de l’autre côté. J’aimerais bien vous dire ce qui s’y passe, mais je n’ai malheureusement pas vécu une telle expérience. Non, aujourd’hui, je veux vous parler de la vie après la mort d’un enfant. Le deuil périnatal, ça prend plusieurs formes : ce peut être un avortement, comme l’a partagé ma collaboratrice Priscilla dans son article, une fausse couche ou la perte d’un enfant en bas âge. La douleur et la tristesse ressenties, peu importe le cas, sont intenses et changent une vie.
C’est, sans aucun doute, un des pires drames que des parents puissent vivre. À moins de l’avoir vécu, tu ne peux pas imaginer ce que ces derniers ressentent. En décembre 2015, je l’ai appris. Ma princesse a rendu son dernier souffle quelques minutes après que j’aie quitté sa chambre d’hôpital. La vie nous a joué un sale tour : elle prenait du mieux et on devait quitter les soins intensifs quelques jours plus tard. En une fraction de seconde, ça a dégénéré. Nos vies venaient de basculer.
 J’ai eu 31 ans dans les derniers jours, mais je peux affirmer que j’ai mené trois vies différentes, jusqu’à présent. La première, celle où je n’avais qu’à m’occuper de ma petite personne, la deuxième quand je suis devenue maman de mon premier enfant et la troisième, quand je suis devenue mamange, à la perte de ma fille. Chaque évènement marque le début d’une nouvelle étape, avec ses grands bonheurs et ses p’tits malheurs. Voyez-vous, je suis une fille qui fait de son mieux pour voir le bon côté dans chaque situation; c’est pourquoi je me concentre sur les GRANDS bonheurs et les PETITS malheurs. La mort de Mya, du haut de ses sept semaines, a fortement ébranlée mon monde de licornes et de pouliches (comme s’amuse à dire mon conjoint) mais j’ai eu un soutien incroyable de la part du personnel des SIP de Ste-Justine, autant pendant notre séjour qu’au moment de quitter les lieux, les mains vides et le cœur rempli de tristesse.


Toi qui lit ces lignes, si tu vis cet événement, je veux te dire qu’il y a de l’espoir. Je te le jure Tu reverras la lumière et tu retrouveras la joie. Je te le promets. Parce que j’ai été capable et que je suis heureuse malgré tout. Si tu as besoin de parler d’elle, fais-le. Trouve une personne en mesure de t’écouter : une amie, un parent, une maman dans la même situation. Je suis là également si tu as besoin.
Pour ne rien te cacher, il ne passe pas une seule journée sans que je pense à elle. Mais pour elle, pour ses frères, son père et moi : je continue à avancer et je mors dans la vie plus que jamais. La vie est courte et fragile, on doit foncer pour aller au bout de nos rêves et réaliser ce dont nous sommes capables. C’est la leçon que j’en retire. Depuis son passage, j’ai lancé mon entreprise, je suis devenue une nouvelle maman, plus patiente et plus compréhensive, j’agis de façon à vivre ma vie avec intensité et courage. Ce que j’affronte n’est rien comparativement à ce qu’elle a vécu durant sa courte vie.
Je le fais pour moi, mais aussi pour montrer à ses frères qu’il est important de se relever après un coup dur. Que malgré tout, la vie est belle. Que la vie mérite qu’on la vive avec intensité et qu’on réalise nos rêves. Chaque soir, je me couche en lui souhaitant une belle nuit. Je ne dis pas que c’est facile; seulement, on apprend à vivre avec la douleur et on trouve une façon d’avancer. 

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