#MamanMTL, Blogueuse Invitée

Burn out parental… Réalité ou fiction?

Le burn out parental, un syndrome encore bien mal connu et pourtant, une tonne de parents doivent y faire face! Mais qu’est-ce que le burnout parental ? C’est un syndrome de détresse intense lié à la parentalité et qui se manifeste de trois façons : un épuisement physique et émotionnel, un désengagement affectif et la perte du sentiment d’efficacité parentale. (Réf : Naître et grandir)

Étant moi-même maman d’un petit loup, je peux très bien m’imaginer à quel point un parent peut se rendre jusqu’à l’épuisement parental. On s’entend pour dire que devenir parent est un énorme cadeau de la vie, et personnellement, la naissance de mon fils fut un des plus beaux moments de ma vie. Et chaque jour avec lui l’est tout autant! Par contre, devenir parent c’est aussi faire face à la pression sociale, les nouvelles responsabilités reliées à la parentalité, concilier sa vie familiale avec sa vie professionnelle et sa vie de couple, et nous désirons tous le meilleur pour nos enfants n’est-ce pas ? Eh oui, et c’est tout à fait normal! Ce qui devient problématique et qui peut mener à un burnout parental est lorsque nous nous mettons une pression énorme pour que tout soit PARFAIT, à tout moment et dans toutes les sphères de notre vie.

Même si je peux très bien me mettre dans la peau d’un parent vivant un burnout parental, je n’ai jamais eu à y faire face. Alors, j’ai cru bon vous partager un témoignage très inspirant d’une maman qui aujourd’hui s’est sortie de cette épreuve. Merci Fanny!

« 16h : fin du travail. 16h10 : entrée dans le trafic. 16h40 : fin du trafic. 16h44 : garderie. 16h56 : maison (enfin!). Cette fin de journée ne vous semble pas inconnue, n’est-ce pas? Et encore… Je n’ai parlé que de la fin de la journée, ceci n’inclut pas la routine du matin. Ce genre d’horaire n’est malheureusement pas un cas isolé. Tant de gens vivent ce genre de situation, et ce, jour après jour.

Lors de mon accouchement, j’avais grandement sous-estimé les changements que le rôle de parent amènerait dans ma vie personnelle. Sortir acheter un sac de lait ne prenait plus deux minutes incluant le passage à la caisse, non. Ça demandait de m’habiller chaudement, de mettre l’habit de neige au bébé, de prendre le porte-bébé, tout ça pour prendre 27 minutes pour un sac de lait. Ceci est un exemple parmi tant d’autres de ce qui peut changer en tant que parent. C’est sans parler de la pression sociale d’allaiter ou pas, car oui, malgré le fait que nous sommes en 2017, il y a des gens qui jugent autant, sinon plus, les femmes qui décident d’allaiter et celles qui donnent le biberon.

Pour ma part, je faisais partie de la deuxième catégorie : téterelle ne fonctionnait pas,  j’ai tiré mon lait durant deux mois et ensuite la quantité de celui-ci diminuait de jour en jour et pourtant, malgré que ma fille prenait du poids et se développait à merveille, je me sentais indigne d’elle, car je ne pouvais pas donner le sein. Lentement mais sûrement ma personnalité anxieuse m’a fait vivre des cauchemars éveillés. J’avais tellement peur que ma fille ne soit pas bien que j’ai commencé à craindre mes proches, les inconnus, les rues et même les voitures… Quand je sortais, j’avais peur qu’une voiture nous frappe, la petite et moi, pendant que nous marchions sur le trottoir et que je ne la reverrais jamais; je ne voulais plus ouvrir au postier, car je pensais qu’il n’était pas un vrai postier, mais quelqu’un qui se déguisant et qui voulait venir m’enlever ma fille quand j’ouvrirais la porte.

Quand je lisais les livres de bébés comme Naître et Grandir, je suivais au millilitre près ce que ma fille devrait boire rendu à quatre, six ou neuf mois. Le stress me grugeait de l’intérieur et si je n’avais pas eu le temps de faire le peu de vaisselle qu’il y avait sur le comptoir avant la sieste d’après-midi… Misère! Je ne gérais pas bien mon rôle de mère à la maison. Au fil du temps, par chance, je suis allée consulter une psychologue et j’avais un extraordinaire médecin de famille à l’écoute de mes besoins, de mes inquiétudes et de mes incertitudes. J’ai commencé également à prendre des antidépresseurs, moi qui avais étudié en travail social et fait un diplôme d’études supérieures spécialisées en santé mentale… Je ne souhaitais pas devenir une étude de cas et pourtant, avoir su, j’en aurais pris bien plus tôt des médicaments.

La médication et la thérapie m’ont aidée à ne plus craindre de faire des erreurs comme maman et comme humain, oui, un simple humain. J’ai aussi compris, mais surtout accepté, que non seulement le burn out parental existe, mais que je l’ai vécu et que grâce à lui, je suis devenue une meilleure personne avec des priorités réalistes et idéales pour ma fille et pour moi.  J’ai appris à mettre des limites, à me sentir de nouveau efficace et moins épuisée par mon rôle de mère, de conjointe, d’amie, de fille, de professionnelle et de femme. J’ai mis des limites et encore aujourd’hui je les respecte et ma fille va avoir cinq ans. J’ai accepté le fait que je suis une professionnelle qui a la chance incroyable d’être maman d’un trésor et que je choisis de jongler entre les deux rôles de la façon qui me permet de rester moi-même et de me respecter. »

Fanny Larochelle, une maman qui s’en est sortie et qui est devenue une meilleure personne

Pour en apprendre plus sur comment éviter le burnout parental, je vous invite à venir assister à la conférence de Mélanie Touzin, travailleuse sociale, au Salon VDSM pour la santé mentale dont je suis co-fondatrice. L’événement se tiendra le 24 septembre prochain à Laval. Pour plus d’informations, visitez le www.visagesdelasantementale.com. Au plaisir de vous y rencontrer!  

 

Marie-Ève Nadon, Co-fondatrice du Salon VDSM pour la santé mentale

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *